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旅 Voyages

Le Kyoto dont Einstein est tombé amoureux.

Le Kyoto dont Einstein est tombé amoureux.
e=mc2
L’énergie de la matière est égale à la masse multipliée par le carré de la vitesse.
Le voyageur de cette semaine est celui qui, en découvrant cette célèbre équation, a percé les secrets de l’univers.
Il s’agit d’Albert Einstein, le plus grand physicien du 20e siècle.
Ce génie parmi les génies, comme on le surnommait, a prononcé ces paroles vers la fin de sa vie :
“La première chose que je veux faire quand je renaîtrai, c’est de visiter le Japon.“
Il visita le Japon en 1922, l’année où il reçut le prix Nobel.
Envoûté par les charmes de ce pays, il en est littéralement tombé amoureux.
Qu’est-ce qui a envoûté Einstein à Kyoto ?

En 1922, à l’âge de 43 ans, Albert Einstein publia sa théorie de la relativité, affirmant sa position parmi les physiciens mondialement reconnus.
Il prit alors le bateau pour donner une série de conférences au Japon.
Mais juste avant son arrivée au Japon, une nouvelle a fait l’effet d’une bombe.
On lui avait attribué le prix Nobel de physique.
Si Einstein était principalement venu au Japon pour donner une série de conférences, il avait aussi un autre objectif en vue.
Voilà ce qu’il écrivait :
“Je veux contempler la beauté architecturale des bâtiments en bois du Japon.“
Le matin de son premier jour à Kyoto, il avait prévu de prendre le train pour Tokyo.
Mais ne voulant pas perdre un instant, il a demandé à pouvoir prendre une heure avant son départ pour visiter le cœur de Kyoto en voiture.
Les yeux brillants comme ceux des enfants, il contemplait la physionomie de la ville à travers les vitres du taxi.
Ses yeux se sont alors fixés devant le sanctuaire Heian-jingu.
En 1895, le sanctuaire Heian-jingu a été bâti pour célébrer le 1100e anniversaire du transfert de la capitale vers Kyoto.
On peut y vénérer l’empereur Kanmu, qui a créé l’actuelle ville de Kyoto, ainsi que l’empereur Komei, le dernier empereur ayant régné avant le transfert de la capitale à Tokyo.

D'après ce que la personne japonaise qui accompagnait Einstein a écrit à l'époque, celui-ci s’est mis à observer attentivement le toit de la porte, et prononçait de temps en temps quelques mots, concentré sur ce qu’il voyait.
Mais l’heure du départ approchait.
La mort dans l’âme, Einstein s’est alors dirigé vers la gare.
Est-ce parce qu’Einstein était dépité qu’il répétait sans arrêt « Pas si vite ! Pas si vite ! » au chauffeur, tout en se cramponnant pour continuer à regarder par la fenêtre ?
À son retour quelques jours plus tard, il se dirigea cette fois-ci vers le château de Nijo.
C'est ici que séjournait Tokugawa Ieyasu, et où le dernier shogun, Tokugawa Yoshinobu, promulgua la restauration de la loi impériale de 1867, transférant la capitale à Tokyo.
Cet endroit, qui a vu la fin de l’époque d’Edo, est véritablement un lieu chargé d’histoire.
La porte principale du Palais Ninomaru, richement décorée de dorures et de sculptures en bois, fait partie des biens culturels importants du Japon.
Einstein est certainement passé lui aussi sous la porte pour la contempler.
Ce qui l’a tout particulièrement séduit à l’intérieur du château de Nijo, ce sont les peintures murales du Palais Ninomaru.
Un tiers environ des quelque 3000 œuvres que recèle le palais Ninomaru sont inscrites en tant que biens culturels importants du japon.
La longue fresque aux couleurs vives qui s’étend sur les murs, ainsi que le jardin japonais visible depuis les fenêtres lui semblaient véritablement féeriques, et l'ont profondément marqué.

Einstein est de plus en plus sous le charme de Kyoto.
Mais il y a un bâtiment qui lui a tout particulièrement laissé une profonde émotion.
Il s’agit du Palais impérial de Kyoto.
Cet endroit fut en effet le palais de l'Empereur à partir de 1331 et pendant 500 ans environ, jusqu'à la relocalisation de la capitale à Tokyo.
Devant ces bâtiments, Einstein s’est écrié :
“Cette architecture est à la fois élégante et délicieusement apaisante.
C’est la première fois de ma vie que j'éprouve un tel sentiment de plénitude en contemplant un édifice.“
Dans son journal, il écrit le même jour :
“Visite du jardin et du bâtiment où avait lieu l'avènement de l’empereur.
Cet édifice et son jardin font partie des plus belles choses que j’ai eu l’occasion de voir jusqu’à présent.“

Mais ce ne sont pas seulement les bâtiments qui ont ravi le cœur d’Einstein.
Pendant son séjour, la nourriture japonaise lui a aussi laissé une impression particulièrement forte.
“Non seulement la nourriture japonaise est délicieuse, mais en plus elle se digère facilement.“
Pourtant, même s’il appréciait la nourriture japonaise, il y avait un plat avec lequel Einstein avait beaucoup de mal...
“Seul le poisson cru me fait peur... On dirait de la chair humaine.“
Oui, il n’y avait que le sashimi qu’il détestait et qu’il n’a même jamais voulu goûter.

Lors de son séjour d’une semaine environ à Kyoto, c’est à l’hôtel Miyako Hotel qu’il est descendu.
Bâti en 1890, il a accueilli des familles royales et des présidents des quatre coins du monde.
Réputé pour être l’hôtel des invités d’État, le Miyako Hotel est particulièrement apprécié des hôtes étrangers.
Einstein, qui avait pourtant eu l’occasion de séjourner dans divers hôtels de luxe dans tout le Japon, a été particulièrement impressionné par cet établissement.
Voici comment il en parle dans son journal.
“Cet hôtel, avec ces élégantes pièces de style mi-japonais mi-occidental, est particulièrement agréable.“
C’est également dans cet hôtel qu’Einstein a eu des discussions enflammées sur la physique avec des scientifiques japonais jusque tard dans la nuit, tant Einstein était passionné par le sujet.

Son voyage à Kyoto a été le théâtre d’une anecdote tout à fait digne d’un physicien.
Cela s’est passé dans le temple Chion-in, situé dans le quartier Higashiyama.
Destiné à devenir le temple principal de l’école de bouddhisme Jodo shu, le Chion-in a été fondé en 1175 par le vénérable Honen.
À propos de ce temple, Einstein écrit :
“Quand je me tiens face au temple Chion-in, je me rends compte que les églises ne sont pas encore à leur apogée.“
Il estimait tellement les bâtiments religieux japonais qu’il écrivait :
"Cette architecture a atteint la perfection."
En comparaison, les églises d’Europe n’avaient, pour lui, pas encore atteint leur apogée.

La grande cloche de Chi-on est une des trois plus grandes cloches de temple bouddhiste du Japon.
Les coups de cloche qui marquent le passage à la nouvelle année, nécessitant les efforts de 17 bonzes, constituent une scène typique de Kyoto.
La vue de cette grande cloche a rappelé à Einstein une expérience en rapport avec le son des cloches.
“Est-ce bien vrai que le son est plus faible au cœur de la cloche ?“
Sitôt cette question posée, il a mis la tête sous la cloche.

Les témoins de cette scène ont été impressionnés par le besoin impérieux qu’avait Einstein de vérifier une idée qui naissait en lui.
Einstein, lui, s’amusait de leurs réactions...
“Je ne suis pas un génie. C’est juste que j’ai une curiosité insatiable.“
Einstein profitait du temps libre que lui laissaient ses conférences pour visiter Kyoto.
Il allait ensuite bientôt tomber sous le charme des demeures traditionnelles en bois.
À la fin de son séjour au Japon qui a duré 43 jours, il a laissé ce message plein d’émotion.
“Les bâtiments, tableaux et autres œuvres d’art du Japon sont magnifiques et intègrent les éléments de la nature dans les moindres détails.
Ce qui fait la particularité des maisons japonaises en bois, c'est qu'elles sont en harmonie avec la nature.
C’est pourquoi, je souhaite que je Japon ne soit pas contaminé par l’occident.“

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